Aurevoir FOMO, Bonjour JOMO!
- gaelle Chatenet
- Jan 7
- 4 min read
Je n’ai découvert le terme FOMO que relativement récemment, lorsqu’un patient me l’a mentionné presque en passant. Fear Of Missing Out. Cette sensation inconfortable et désagréable que nous ressentons lorsque nous voyons des images de la vie des autres et que, soudain, nous nous demandons si nous devrions être ailleurs, faire autre chose, ou devenir quelqu’un d’autre.
Comme la plupart des gens, je l’avais moi-même déjà expérimentée — le plus souvent déclenchée par les réseaux sociaux. Et comme beaucoup de professionnels, j’avais aidé d’autres personnes à traverser ces ressentis sans réaliser qu’il existait un terme spécifique pour les désigner. Une fois que j’ai découvert ce mot, il est devenu évident à quel point la FOMO est répandue et puissante.

Dans notre monde hyperconnecté, la FOMO est devenue un phénomène psychologique courant. Les réseaux sociaux, les notifications instantanées et le partage constant des moments forts de la vie créent l’illusion que tout le monde s’amuse davantage, réussit plus, ou mène une vie meilleure. Mais est-ce vraiment le cas ?
Et surtout — et s’il existait une autre manière de se positionner face à tout cela ?
Qu’est-ce que la FOMO ?
La FOMO est l’anxiété ou la peur que d’autres personnes vivent une expérience agréable, significative ou bénéfique sans vous. Elle se manifeste souvent par un besoin compulsif de rester informé, d’assister à des événements, de dire « oui » à tout, ou de continuer à faire défiler les écrans — au cas où quelque chose d’important se produirait sans nous.
Avec le temps, la FOMO peut contribuer au stress, à l’insatisfaction, à la fatigue décisionnelle et même à l’épuisement, lorsque nous nous forçons à suivre un mode de vie irréaliste dicté par des normes extérieures.
Pourquoi la FOMO est-elle si puissante ?
Plusieurs facteurs alimentent la FOMO dans la vie moderne :
L’exposition aux réseaux sociaux – Des plateformes comme Instagram, TikTok ou X montrent des vies soigneusement mises en scène, et non la réalité.
La connectivité permanente – Les mises à jour en temps réel nous rendent constamment
conscients de ce que font les autres, même lorsque nous n’y participons pas.
La rareté perçue – Les offres à durée limitée, les événements exclusifs et les tendances virales créent un sentiment d’urgence et de pression à agir immédiatement.
La culture de la comparaison – Se mesurer à ses pairs, collègues ou influenceurs peut progressivement fragiliser l’estime de soi.
Résultat ? Le sentiment d’avoir toujours un temps de retard.
Voici la JOMO : la joie de manquer quelque chose
C’est ici que la JOMO entre en scène — et pour beaucoup, découvrir ce terme est un soulagement intense!
La JOMO, Joy Of Missing Out, est le choix intentionnel de prendre du recul, de se retirer, et de profiter pleinement de l’endroit où vous êtes et de ce que vous faites — sans culpabilité. Il s’agit de trouver la paix et la satisfaction dans la présence, plutôt que dans la participation constante.
La JOMO ne signifie pas renoncer à la vie, aux relations ou à l’ambition. Elle consiste à choisir l’alignement plutôt que la comparaison, la profondeur plutôt que le bruit, et l’intention plutôt que la pression.
Comment passer de la FOMO à la JOMO
S’éloigner de la FOMO n’est pas une question de volonté, mais de réajuster en douceur l’endroit où vous placez votre attention et votre valeur.
1. Pratiquez la gratitude: Déplacez votre attention de ce qui vous manque vers ce que vous avez. Une pratique simple de gratitude peut être profondément apaisante. Écrire ne serait-ce que trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant(e) ici et maintenant peut calmer votre système nerveux et transformer votre état émotionnel.
2. Limitez la consommation des réseaux sociaux: Désabonnez-vous des comptes qui déclenchent comparaison ou sentiment d’insuffisance. Fixez des limites de temps et accordez-vous des pauses numériques régulières. Si vous utilisez les réseaux sociaux pour le travail, faites ce qui est nécessaire — puis déconnectez-vous. Le défilement est conçu pour capter votre attention; les limites vous ramènent au monde réel.
3. Engagez-vous dans des activités en pleine conscienceLa pleine conscience, la méditation, la lecture, le mouvement, les activités créatives ou simplement le fait d’être présent aident à contrer la FOMO. Ces activités apportent un sentiment d’accomplissement sans validation extérieure et rappellent à votre cerveau que ce moment suffit.
4. Donnez la priorité à ce qui compte vraiment: Plutôt que de dire « oui » par automatisme, faites une pause et demandez-vous si cela correspond à vos valeurs et à votre évolution personnelle. Suivre le mouvement est facile. Choisir ce qui soutient réellement votre bien-être est bien plus nourrissant.
5. Cultivez de vraies connexions: La profondeur compte davantage que le nombre. Les relations authentiques offrent une satisfaction durable qu’aucun nombre de « likes » ne peut remplacer. La validation en ligne apporte peu de réconfort si vous n’avez personne avec qui partager un café lorsque vous avez besoin de parler.
6. Redéfinir la réussite selon vos propres critères: Chaque parcours est unique. Au lieu de vous comparer aux autres, fixez-vous des objectifs personnels et célébrez vos avancées, aussi modestes soient-elles. Lorsque vous voyez quelqu’un faire quelque chose que vous admirez, laissez-vous inspirer plutôt que diminuer. Sa réussite n’est pas la preuve que vous êtes en retard, mais le témoignage de ce qui est possible.
Choisir la présence plutôt que la pression
La FOMO est une réponse naturelle à un monde numérique fondé sur la comparaison, mais elle n’a pas à dicter votre bonheur. En cultivant la gratitude, la pleine conscience et des relations intentionnelles, vous passez d’un état d’esprit de manque à un état d’esprit d’abondance.
La JOMO nous rappelle que nous ne manquons rien — nous choisissons. Choisir le repos. Choisir la profondeur. Choisir une vie alignée avec nos valeurs plutôt qu’avec des attentes extérieures.
Alors, la prochaine fois que la FOMO se manifeste, faites une pause. Respirez. Et rappelez-vous: vous êtes exactement là où vous devez être.
Gaelle Chatenet, janvier 2026





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